Que faire de ses médicaments non utilisés ou périmés ?

Une armoire à pharmacie familiale accumule souvent des boîtes entamées, périmées ou simplement devenues inutiles. Les jeter à la poubelle ou les verser dans l'évier n'est jamais la bonne solution : voici pourquoi, et comment s'en débarrasser correctement.

Pourquoi ne jamais jeter un médicament avec les ordures ou dans l'évier

Un médicament jeté à la poubelle finit généralement en décharge ou en incinération classique, sans traitement spécifique. Versé dans l'évier ou les toilettes, il rejoint les eaux usées : les stations d'épuration classiques ne sont pas conçues pour filtrer les résidus pharmaceutiques, qui se retrouvent alors dans les cours d'eau. Des traces d'antibiotiques, d'hormones ou d'anti-inflammatoires sont aujourd'hui détectées dans les rivières françaises, avec des conséquences documentées sur la faune aquatique et un rôle possible dans le développement de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Il existe également un risque domestique direct : un médicament jeté à la poubelle reste accessible à un enfant, un animal domestique, ou peut être détourné pour un usage inapproprié.

Le circuit Cyclamed : comment ça fonctionne

En France, la collecte des médicaments non utilisés (MNU) est organisée par Cyclamed, un éco-organisme à but non lucratif financé par les laboratoires pharmaceutiques. Le fonctionnement est simple :

  • Rapportez vos médicaments non utilisés, périmés ou non, directement à votre pharmacien, sans rendez-vous, gratuitement ;
  • Inutile de trier : boîtes entières, plaquettes, flacons, tubes de pommade sont tous acceptés ;
  • Le pharmacien les place dans des cartons dédiés, collectés régulièrement ;
  • Les médicaments sont ensuite incinérés avec valorisation énergétique dans des installations spécialisées — jamais réutilisés, pour des raisons évidentes de sécurité sanitaire.

Ce que vous pouvez rapporter : médicaments avec ou sans ordonnance, périmés ou non, entiers ou entamés, ainsi que leur emballage carton (à vider des notices si possible, pour faciliter le tri — ce n'est toutefois pas obligatoire).

Ce qui n'est pas accepté par Cyclamed

Certains déchets liés à la santé suivent un circuit différent, car ils présentent un risque sanitaire ou une composition particulière :

  • Aiguilles, seringues et lancettes usagées (DASRI) : à déposer dans un collecteur jaune spécifique, disponible gratuitement en pharmacie pour les patients en auto-traitement (diabétiques, par exemple), puis rapporté une fois plein ;
  • Thermomètres à mercure et certains dispositifs médicaux électroniques : à déposer en déchetterie ou point de collecte DEEE ;
  • Produits cosmétiques et compléments alimentaires : non couverts par Cyclamed, à jeter avec les emballages recyclables classiques selon leur composition.

Pourquoi ne pas simplement les garder « au cas où » ?

Conserver un antibiotique entamé pour « la prochaine fois » est une pratique fréquente mais risquée : le traitement ne correspondra pas forcément à la nouvelle infection, la dose restante sera incomplète, et l'automédication avec un reste d'antibiotique favorise l'antibiorésistance. Pour les antalgiques courants, le risque est moindre, mais un tri régulier de l'armoire à pharmacie (une à deux fois par an) reste la meilleure pratique pour éviter la confusion entre traitements valides et obsolètes.

À retenir : la seule bonne destination pour un médicament dont vous n'avez plus besoin est votre pharmacie. C'est gratuit, rapide, et cela ne nécessite aucune justification.

Sources
  • Cyclamed — éco-organisme officiel de collecte des médicaments non utilisés en France.
  • ANSM — réglementation sur l'élimination des déchets médicamenteux.

Dernière relecture éditoriale : 6 octobre 2026

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